Un 1er mai offensif et revendicatif (suite)
Page mise à jour le :dimanche 06 mai 2012
Certes, il est plus facile d’opposer les français que de les rassembler sur des valeurs de solidarité, de partage des richesses produites par les travailleurs de notre pays, de la nécessité de travailler à une société plus juste, plus humaine, où l’homme et la femme seraient au cœur d’un projet mettant le fruit du travail au service de l’emploi, du citoyen, de l’individu, quel qu’il soit.
Comme nous le rappelle l’article I de notre Constitution : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances…
Voici donc posé clairement l’un des principes fondamentaux de notre démocratie ; la laïcité, notre laïcité, ce n’est pas le refus de la religion mais tout au contraire l’acceptation bienveillante de toutes les religions, dans un esprit d’humanisme et d’ouverture et avec la volonté constante d’assurer la neutralité la plus absolue de l’Etat et de ses agents. C’est cette neutralité par ailleurs qui est garante du respect de la foi de chacun et de l’égalité de tous.
Ces principes sont aujourd’hui mis à mal et l’on entend trop souvent parler de repli communautaire, de rivalités ethniques ou religieuses, exacerbées, de surcroît, par l’actualité internationale ou dans le cadre de la campagne des ces élections présidentielles.
Nous ne pouvons accepter le développement d’un monde qui serait fondé sur des valeurs de mensonge, de méfiance, de peur de l’autre. Notre monde, notre pays, nos concitoyens n’ont actuellement pas besoin de se bâtir des craintes et des phobies, mais de tisser de solides liens d’amitiés entre les nations. Si le début du XXème siècle permettait encore de mener une politique en solitaire, la mondialisation a crée des liens évidents d’interdépendance entre les nations, rendant de ce fait pratiquement impossible tout développement autonome, voire tout repli identitaire.
Aujourd’hui, force est de constater que chaque pays a besoin de l’autre, chaque citoyen a besoin des habitants des autres nations notamment dans le combat mené contre l’austérité. Le mouvement populaire qui grandit depuis quelques mois maintenant porte en lui la colère et la nécessité de rompre avec ce libéralisme effréné, sans limite dans cette course aux profits à tous prix au détriment de la croissance, du plein emploi.
Et ce 1er mai est, à ce titre, révélateur de ce souffle nouveau, de cette montée en puissance d'un mouvement revendicatif centré sur les valeurs du travail, des salariés, de la nécessité d'une retraite décente, d'une éducation et d'une formation qualifiante et innovante, c'est-à-dire à la hauteur des défis d'aujourd'hui et de demain.
C'est, à mon sens, le signe d'une nouvelle évolution, voire même d'une révolution qui ne dit pas son nom.
Avec un chômage en constante augmentation, des jeunes diplômés, formés ou qualifiés qui ne trouvent pas un premier boulot, le temps est venu de dire : ça suffit. Nous ne voulons pas de ce modèle de vie qui, d'après le mécanisme européen de stabilité adopté par le Sénat et l'Assemblée nationale en mars dernier, serait la seule voie qui consisterait à imposer, sous couvert de discipline budgétaire, la loi des marchés financiers aux Etats et aux peuples d'Europe.
C'est pourquoi, mesdames et messieurs, chers amis, les syndicats ont appelé à défiler en cette journée du 1er mai autour des « revendications pour le progrès social » afin de donner la priorité aux questions de l'emploi, de la lutte contre la précarité, pour l'augmentation des salaires, autant de sujets qui touchent à nos besoins, à notre quotidien, à notre avenir.

